Le sommeil des petits

Par: Bénédicte Wildhaber Dans: Sommeil Le: Commentaire: 0 Vues: 451

Parents, voisins, frères ou sœurs d'un enfant qui ne dort pas bien.. Les conséquences du manque de repos d'un petit empiètent souvent sur l'entourage.

A l'heure de la rentrée scolaire, le sommeil des enfants est un thème d'actualité dans de nombreux médias. Nous vous proposons de ré-écouter l'émission "On en Parle" de la RTS sur le sujet, du jeudi 05.09.2019 : Guichet : Le sommeil des enfants.

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Les conseils de Medi-Lum

Le passage du ventre de la mère à un lit froid d'un jour à l'autre est une transition brutale pour un nouveau-né. Comment va-t-il y réagir ? Chaque petit est différent, mais l'attitude des parents l'aidera grandement à s'approprier son lit et son sommeil. Spécialisée dans le domaine des rythmes biologiques (le sommeil en fait partie), Bénédicte Wildhaber notre psychologue du travail vous livre quelques conseils auxquels vous n'avez peut-être pas encore pensé.

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Quelques grands principes :

  • Le sommeil fait partie d'un rythme circadien (24h) appelé le rythme veille-sommeil : les activités et événements de la journée ainsi que les siestes ont un effet sur la qualité du sommeil la nuit
  • La rythmicité des processus biologiques circadiens s'acquiert déjà à partir de 3 mois, avec une production de l'hormone du sommeil mélatonine stable durant la nuit.
  • La rythmicité des processus biologiques circadiens est grandement influencée par l'exposition à la lumière et à l'obscurité. L'horloge biologique au coeur du cerveau reçoit en effet cette information jour-nuit par la rétine et synchronise les rythmes biologiques en fonction.
  • L'architecture du sommeil ressemble à l'activité d'un sous-marin : dans un cycle de sommeil, l'enfant plonge dans le sommeil profond puis remonte à la surface, pour replonger dans un sommeil profond et ainsi de suite jusqu'à la fin de sa nuit. Lors de remontée à la surface, le sommeil est très léger et on parle de micro-réveil : si la plupart des gens ne s'en rendent pas compte, d'autres plus sensibles ouvrent les yeux et peuvent avoir plus ou moins de peine à replonger dans le cycle suivant.
  • Le sommeil d'un enfant n'est pas acquis "pour de bon" : le rythme de sommeil est mis à l'épreuve à chaque étape du développement hormonal, des nouveaux apprentissages et découvertes, car si l'on se repose la nuit, c'est également le moment privilégié de la consolidation de nos acquisitions de la veille. Un enfant passera par des phases de bons et moins bons sommeils comme on traverse une tempête, mais avec un encadrement adéquat, ces phases ne seront que passagères.

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Trucs et astuces dès le plus jeune âge :

  • L'environnement lumineux au moment de la sieste devrait être différent du sommeil la nuit : laisser un peu de jour dans la chambre pour la sieste, et avoir une obscurité complète la nuit, ceci dès le plus jeune âge.
  • Idéalement, maintenir l'obscurité ou des lumières non stimulantes (veilleuse rouge conseillée, mais surtout pas bleue) pour les soins apportés au nourrisson (change, allaitement, etc.)
  • S'habituer à ne pas parler la nuit au bébé lorsqu'il appelle pour manger ou être réconforté. Le réconforter par une caresse, éventuellement un son sourd (bruit blanc) s'il a un chagrin, mais éviter de l'habituer à votre voix la nuit, pour qu'il apprenne dès le plus jeune âge à retrouver son sommeil de manière autonome. Ce conseil est préventif pour les petits. A l'âge où vous votre enfant parle, votre voix a alors un tout autre rôle.
  • Se coucher à l'endroit de son lit, et observer ce que l'enfant y voit depuis cet angle de la chambre : conseil qui semble anodin, mais le lit peut parfois se trouver sous un objet ou un angle de la chambre qui n'est pas agréable, et s'installer à l'endroit du lit permet de s'en rendre compte et déplacer le lit à un endroit plus propice
  • Envoyer son enfant au pays des rêves : aller au lit est un grand moment de détente, de repos et de bien-être qu'il faut cultiver dès le plus jeune âge. Son lit est un endroit "rien qu'à lui", un petit nid douillet. La routine du soir est donc cruciale.
  • Eviter le liquide la nuit après 8 mois : Lorsque l'enfant mange correctement du solide (purées), il reçoit un apport énergétique suffisant pour passer la nuit. Continuer à le nourrir la nuit peut entretenir des troubles du sommeil ancrés dans le rythme biologique. La vessie par exemple se vide selon un rythme biologique diurne et nous n'allons en principe pas aux toilettes la nuit. Pour un bébé, boire trop de liquide la nuit perturbe son cycle avec une vessie active pendant son sommeil, engendrant inconforts et réveils nocturnes.
  • Apprendre à l'enfant à s'endormir seul : tout le monde le dit, il doit donc y avoir une raison à cela. Seul ne signifie pas isolé et en proie à lui-même, mais en pleine détente et confiance en soi. Faire du moment du coucher un beau moment y participe grandement. Des objets de transition peuvent aider : le son des vagues de la mer, avec un doudou ou une lolette par exemple. Si sentir le bébé s'endormir contre soi est un bonheur, en tant qu'adulte il faut savoir les conséquences sur l'enfant de ce grand moment d'amour. Votre bébé aura besoin de vous pour se rendormir à chaque fois. Penser donc à l'amener au lit avant qu'il ne s'endorme dans vos bras, et amener une douce transition entre vous et son lit.
  • Pas de transition brutale, mais pas de transition lente non plus : plus rapidement vous agissez pour autonomiser votre enfant à dormir, moins loin ira le trouble du sommeil et moins les mesures à prendre pour résoudre seront importantes. Dans de nombreuses situations, quelques jours suffisent pour rétablir le comportement.
  • Etre convaincu : quelque soit la démarche que vous choisissez face à un problème de sommeil d'un enfant, vous devez en tant que parents être sereins et convaincus. Si vous doutez en cours de route, voire changez de stratégie, votre enfant le ressentira et perdra ses repères également.
  • Etre indulgent : Un enfant qui dort mal, c'est souvent un parent (voir 2) qui dorment mal. Le manque de sommeil ayant des conséquences importantes sur l'humeur, l'irritabilité, la mémoire, la concentration ou encore la santé, il est important de prendre conscience en famille de cette situation transitoire.
  • Etre pondéré : un enfant peut dormir bien un temps, puis tomber malade. La première maladie pour un bébé est un séisme : il se sent mal et ne sait pas ce qui lui arrive. Les réveils nocturnes vont perturber l'horloge biologique, et selon son âge, vous entraîner une foule d'émotions. Il est important d'être présent pour son enfant dans ces moments-là, tout en respectant les règles de base.

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Une lecture intéressante que nous vous suggérons

"Le Rêve, le Sommeil et l'Enfant" de Dr Marie Thirion et Dr Marie-Josèphe Challamel, aux Editions Albin Michel.

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