Maladie d'Alzheimer et Luminothérapie

Par: Bénédicte Wildhaber Dans: Nouveautés Le: Commentaire: 0 Vues: 401

Ce samedi 21 septembre 2019 est la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer. Maintenir une qualité de vie et une dignité pour nos aînés en perte de repères devraient être au cœur des priorités.

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La maladie d’Alzheimer en quelques mots

La maladie d’Alzheimer est une maladie dégénérative qui engendre un déclin progressif des facultés cognitives et de la mémoire. Peu à peu, une destruction des cellules nerveuses se produit dans les régions du cerveau liées à la mémoire et au langage. 

En Suisse, près de 155'000 personnes sont touchées par une démence, dont 65% correspondent à la maladie d’Alzheimer. Plus de 19000 personnes sont ainsi nouvellement diagnostiquées chaque année, représentant un nouveau cas en Suisse toutes les 18 minutes.

La maladie d’Alzheimer se déclare en général après 65 ans. En moyenne, une fois le diagnostic posé, l’espérance de vie est de 8 ans à 12 ans. 

Source : passeport-sante.net et alzheimer-schweiz.ch.

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Alzheimer et dépression

Il arrive qu’une dépression précède une démence. La personne atteinte dans ses fonctions cognitives et ses routines quotidiennes se retrouve dans un état émotionnel perturbé et déprime. Également, « entre 40 et 50 pour cent des personnes atteintes de démence souffrent de symptômes typiques de la dépression tels que troubles du sommeil, perte d’appétit, inquiétude, agressivité, crises de larmes, tristesse, perte d’intérêt et abattement » selon le site Alzheimer-schweiz.ch.

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Un rythme veille-sommeil perturbé

Le rythme veille-sommeil correspond à l’état d’éveil et de sommeil au cours des 24h. Bien dormir la nuit et être actif le jour dépendent du bon fonctionnement de l’horloge biologique, un ensemble de glandes au cœur du cerveau qui synchronise tous les matins nos processus internes avec le lever et le coucher du soleil. Comme beaucoup d’autres fonctions, le rythme veille-sommeil se fragmente avec l’âge. La personne âgée dort moins bien la nuit avec de nombreux réveils nocturnes, effectue plus de siestes en journée et s’endort de plus en plus tôt. Dans la démence, le rythme veille-sommeil se fragilise encore davantage à cause de la maladie dégénérative. Les personnes atteintes d’Alzheimer ont donc souvent plus de troubles du comportement nocturne, et ils déambulent ou se retrouvent seules à l’heure où l’entourage dort.

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Les problèmes quotidiens

  • La personne atteinte : au fil de l’avancée de la maladie, toutes les sphères de la vie quotidienne peuvent être touchées : oublier de descendre d’un transport public au bon arrêt, ne plus se souvenir de son adresse, oublier d’éteindre le four après utilisation, ne plus penser à la météo pour s’habiller le matin, être confus dans ses idées et son discours, perdre ses capacités de langage, etc. Le nombre de ces altérations de la mémoire dépasse le stade occasionnel et le signal d'alarme est souvent donné par les personnes proches.
  • L’entourage : la personne que l’on connaissait change progressivement pour ne plus être reconnaissable, et ne plus nous reconnaître. C’est un drame sur le plan émotionnel et un bouleversement dans son quotidien : il faut penser pour deux dans les moindres détails.

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Les traitements

Médicaments : 

Il n’existe aujourd’hui aucun médicament permettant de guérir de l’Alzheimer ni même d'arrêter sa progression. Toutefois, les traitements « procognitifs » ralentissent la déclin cognitif et améliorent l’humeur et la qualité de vie des personnes.

Approches naturelles : 

Les thérapies non-médicamenteuses permettent à la personne ne mieux vivre sa maladie, et maintenir l’estime de soi et la dignité : entraînement de la mémoire, musicothérapie, ergothérapie, dialogue, thérapie corporelle.

L’activité physique est également très importante pour maintenir une hygiène de vie convenable. Bouger augmente la production naturelle d’endorphines, neurohormones très importantes pour la détente, le bien-être physique et la réduction de la douleur. L’activité physique devrait si possible avoir lieu dehors, à l’air libre et en pleine lumière. Même par temps gris, la lumière a un rôle crucial pour la santé : elle renforce l’horloge biologique, ce qui renforce le rythme veille-sommeil et les sécrétions hormonales impliquées dans l’humeur et la sommeil. Les gens bénéficient d’un repos plus profond et voient leur déprime se dissiper.

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La luminothérapie pour une meilleure qualité de vie

Si la lumière est essentielle à la santé, sortir se promener peut devenir une aventure stressante pour une personne atteinte de dégénérescence cognitive. Tous ses repères étant fragilisés, quitter son lieu de vie peut être déstabilisant, fatiguant voire inquiétant. Dans ce cas, il est important qu’une bonne exposition à la lumière soit maintenue pour éviter que l'état d'éveil en journée et le sommeil la nuit ne se dégradent rapidement. La luminothérapie est alors une alternative efficace pour ralentir la détérioration du sommeil et de l’humeur et améliorer la qualité de vie.

En améliorant la qualité du sommeil et de l'humeur par le simple ajout de lumière, la luminothérapie contribue également à lutter contre la sur-médication des personnes âgées.

HUMEUR

La luminothérapie stimule la production de l’hormone sérotonine impliquée dans l’humeur et le sommeil. La luminothérapie est particulièrement indiquée pour prévenir la dépression saisonnière survenant en automne. A la saison froide, les personnes âgées ont tendance à rester chez elle de peur de prendre froid ou de glisser sur les sols mouillés ou glacés. Installer une lampe de luminothérapie dans le salon leur permet de maintenir un niveau de sécrétions hormonales indispensables pour lutter contre la baisse d’humeur.

SOMMEIL

La luminothérapie renforce la sécrétion de l’hormone du sommeil mélatonine. Elle contribue à rendre le sommeil plus profond et continu.

SOMNOLENCE

La luminothérapie en journée stimule les fonctions cérébrales et réduit la somnolence. La personne se sent plus alerte ce qui peut participer à réduire le risque de chutes.

MOBILITÉ ET VISIBILITÉ

Peu de personnes âgées identifient clairement l’impact de la baisse de leur capacité visuelle sur leur mobilité. Le manque de lumière dans les lieux de vie accentue encore la mauvaise visibilité et réduit les déplacements par peur de tomber. La luminothérapie de bien-être permet d’augmenter la quantité et la qualité de la lumière dans les pièces à vivre et offre une meilleure assurance pour se déplacer chez soi en toute sécurité.

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Comment utiliser la luminothérapie ?

En général, la luminothérapie s’effectue le matin proche de l’heure du réveil et peut être combinée à une activité comme de la lecture ou le petit-déjeuner (en savoir plus sur la séance de luminothérapie). Les personnes actives vont privilégier une lampe à utiliser 20-30 minutes le matin avant de démarrer la journée. Ils resteront assis devant la lampe le temps nécessaire puis l’éteindront. Pour les gens disposant de plus de temps, comme les personnes âgées, la lampe restera probablement allumée tout le matin et la personne vaquera à ses occupations dans la pièce. 

Tous les modèles de lampes de luminothérapie

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Y a-t-il des contre-indications à la luminothérapie ?

  • Dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) : La DMLA est une contre-indication à l’utilisation de la luminothérapie. Il s’agit là davantage d’un principe de précaution, car le réel danger provient des UV, et la luminothérapie ne contient aucun UV. Cette atteinte pouvant conduire à la perte de vision, il est préférable d’éviter tout risque pouvant aggraver le stade de la maladie.
  • Le glaucome : le glaucome n’est pas directement une contre-indication mais selon l’avancée de la maladie, il est conseillé de se renseigner auprès du médecin traitant avant d’utiliser la luminothérapie.
  • Médicaments photosensibilisateurs : la personne âgée atteinte dans sa santé cumule souvent plusieurs médicaments. Il est alors conseillé de se renseigner auprès du médecin traitant pour savoir si une des médications entraîne une photosensibilité avant d’utiliser la luminothérapie.
  • L’épilepsie : la luminothérapie stimule directement plusieurs zones cérébrales. Bien que rare, le risque d’entraîner une crise d’épilepsie existe.

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Sujet associé : comment accompagner les personnes atteinte de troubles cognitifs

Retrouvez le reportage de 36,9° :

Etudes scientifiques sur la luminothérapie dans la maladie d'Alzheimer :

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